Exposition itinérante "Divines cartes à jouer"
 



Origine et histoire des carte à jouer
 

 
L’exposition« Divines cartes à jouer »est une exposition itinérante unique en France. La rareté des pièces présentées et l’éventail des thèmes associés à l’univers des tarots et cartes divinatoires en fait un élégant jardin d’images Depuis leur apparition, en Europe dans la seconde moitié du quatorzième siècle,  les cartes à jouer séduisent pour  le divertissement qu’elles procurent.  En ce qui concerne leur origine nous devons porter notre regard vers l’orient, vers la Perse ou même plus au-delà vers la chine. C’est à partir de l’Italie et plus précisément par Venise, ville d’échange et de commerce tournée vers l’orient, que les cartes à jouer chemineront à travers l’Europe; c’est probablement vers 1370 qu’elles arrivent en France. Dès le début du quinzième siècle l’engouement pour les jeux de cartes se répand comme une trainée de poudre. Toutes les couches sociales sont pénétrées .Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, pour répondre à une demande croissante de jeux, le métier de cartier prendra un large essor.
 



    collection Christian Rouleau

Une origine mystérieuse
La provenance des cartes à jouer demeure incertaine même si de nombreux textes citent l’Orient (la Perse ou la Chine). On en retrouve des traces dans le monde Mamelouk au XIIIe siècle ; un jeu du XVe est également découvert en 1938 par Léo Mayer au palais de Topkapi à Istanbul. Ce jeu était déjà structuré de 52 cartes divisées en quatre séries : les bâtons, les pièces, les épées et les coupes.
C’est entre 1365 et 1375 que l’on trouve des documents attestant de l’existence de la carte à jouer, principalement dans  l’Europe occidentale : Florence, Paris, Sienne, Viterbe, Barcelone en font mention. Seuls les îles britanniques, les pays scandinaves et le monde slave ne les découvrirent qu'au milieu du XVe siècle. Vers 1400, le jeu de cartes se répand donc comme une traînée de poudre dans les couches sociales de la population européenne. Les premières cartes à jouer, peintes à la main et rehaussées d'or fin, restaient des pièces rares et précieuses. L’apparition de la xylographie à la fin du XIVe siècle (gravure sur bois) permet l’impression des cartes en grand nombre. Elles seront colorées avec des pochoirs. Exceptée la lithographie qui améliore la qualité des cartes, les procédés de fabrication n’évolueront guère jusqu'à la fin du XIXe siècle. Du fait de leur fréquente utilisation, les cartes de jeux anciennes sont aujourd’hui plus rares que les cartes fantaisie.



 
         collection Christian Rouleau
 
Les enseignes et portraits

Un jeu de cartes type est composé de cartes généralement rectangulaires (ou rondes comme en Inde), réparties suivant 4 séries ou enseignes. Les enseignes contemporaines, les célèbres cœur, pique, trèfle et carreau, ont été créées en France et sont vite devenues européennes avant de se répandre aux USA via l’Angleterre, puis à travers le monde avec le bridge. En Espagne, dans une partie de l’Italie et du sud de la France, les coupes, deniers, bâtons et épées sont en vigueur, tandis qu’en Allemagne, les cartes sont ornées de feuilles, cœurs, glands et grelots. Chaque enseigne comporte des cartes de points et des figures, généralement 3. On appelle portrait la manière dont sont dessinées les figures. Apparus au cours du XVIe siècle, les portraits français, au nombre de 9, diffèrent suivant les régions : Paris (région dominante), Lyon, Dauphiné, Provence, Bourgogne, Auvergne, Limousin, Guyenne et Languedoc. Les noms des personnages, toujours actuels, sont issus de la légende médiévale des "Neuf preux" et représentent les 4 royaumes traditionnels (Hébreux, Grecs, Romains, Chrétiens) : David, Alexandre, César, Charles (pour Charlemagne). Les dames sont appelées Pallas, Argine, Rachel et Judic (Judith) et les valets Hogier, Hector de Troys et Lahir. A partir de 1701, date de suppression des moules anciens, les portraits se figent, entraînant monotonie et inesthétisme, avant d’être supprimés à la Révolution. Les cartes révolutionnaires sont un exemple de renouvellement des figures, les symboles de la monarchie laissant place, pour quelques années, aux génies, aux sages ou aux éléments ! Malgré la tentative de Napoléon d’instaurer un portrait unique et l’intervention du peintre David en 1810, le portrait de Paris s’impose peu à peu à partir de 1813, puis définitivement en 1816. L’uniformisation se répand également en Angleterre alors que la fabrication est restée libre dans les autres pays. Deux dernières modifications interviendront jusqu’à aujourd’hui : la mise en double tête vers 1830 et l’apparition des index en coin dans les années 20.
 
                  collection Christian Rouleau
 
 
 
 



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